Environnement

Imprégnation des femmes enceintes aux pyréthrinoïdes

Dereumeaux C., Saoudi A., Goria S., Wagner V., De Crouy-Chanel P., Pecheux M., Berat B., Zaros C., Guldner L. « Urinary levels of pyrethroid pesticides and determinants in pregnant French women from the Elfe cohort ». Environment international, 2018 Oct, 119:89-99.

L’objectif de cet article est de décrire les niveaux de 5 métabolites des pyréthrinoïdes mesurés dans les urines chez les femmes enceintes et de déterminer quels facteurs peuvent expliquer cette exposition. Pour cela, les urines recueillies à l’admission en maternité chez 1 077 futures mamans ont été analysées pour différents métabolites de pyréthrynoïdes. Les analyses ont permis de détecter les 5 métabolites étudiés [3-phenoxy benzoic (3-PBA) ; 4fluoro3phenoxy benzoic acid (4-F-3-PBA) ; Cis3 (2,2dibromovinyl) 2,2dimethyl cyclopropane-carboxylic acid (Cis-DBCA) ; Cis3 (2,2dichlorovinyl) 2,2dimethyl cyclopropane-carboxylic acid (Cis-DCCA) et Trans-3 (2,2dichlorovinyl) 2,2dimethyl cyclopropane-carboxylic acid (Trans-DCCA)] dans la totallité des échantillons, excepté pour le 4-F-3-PBA. Une comparaison de ces résultats avec les données d’autres pays montre que les femmes enceintes françaises semblent plus exposées aux pyréthrinoïdes que leurs homologues américaines mais moins exposées que les mamans chinoises et des Caraïbes. Cette étude montre que les niveaux de ces substances sont associés au tabagisme pendant la grossesse, à la consommation de poisson et d’alcool ainsi qu’à l’utilisation de pesticides au domicile et à la proximité du logement de zones agricoles.  [Lien vers l’article]

Analyse des pesticides dans des échantillons de cheveux de femmes enceintes

Béranger R., Hardy EM., Dexet C., Guldner L., Zaros C., Nougadère A., Metten MA., Chevrier C., Appenzeller BMR. « Multiple pesticide analysis in hair samples of pregnant French women: Results from the ELFE national birth cohort. » Environment international, 2018 Nov, 120:43-53.

L’objectif de cette étude est de mesurer la concentration d’une centaine de molécules pesticides dans des mèches de cheveux recueillies après l’accouchement chez des mamans (N=311) de la cohorte Elfe, dans les régions du nord-est et du sud-ouest de la France. Les analyses ont permis de détecter en moyenne 43 substances par femme et on retrouve 28 substances dans 70 % à 100 % des mèches de cheveux. Les concentrations les plus élevées sont mesurées pour la perméthrine (insecticide de la famille des pyréthrinoïdes), le p-nitrophénol (fongicide) et le pentachlorophénol (fongicide). Les auteurs concluent que dans cet échantillon de 311 femmes enceintes, toutes les femmes sont exposées simultanément à diverses substances pesticides dont certaines sont suspectées d’avoir des effets reprotoxiques ou perturbateurs endocriniens. [Lien vers l’article]

Imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l’environnement

Dereumeaux C., Guldner L., Saoudi A., Pecheux M., Crouy-Chanel (de) P., Bérat B., Wagner V., Goria S., « Imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l’environnement en France en 2011 ». Volet périnatal du programme national de biosurveillance mis en œuvre au sein de la cohorte Elfe. Tome 1 : polluants organiques. Saint-Maurice : Santé publique France, 2016.

Le programme national de biosurveillance, mis en œuvre par Santé publique France, comporte un volet périnatal dont l’objectif est d’estimer l’exposition des femmes enceintes à certains polluants présents dans l’environnement (bisphénol A, phtalates, pesticides…). Cette étude, qui s’appuie sur un sous-échantillon de 4 145 mères incluses dans la cohorte Elfe, fournit pour la première fois des résultats fiables à l’échelon national de l’imprégnation des femmes enceintes par certains polluants de l’environnement, mesurés à partir de prélèvements biologiques recueillis en maternité (sang de cordon, urine, cheveux et sang maternel). L’étude montre que la majorité des polluants étudiés sont présents chez près de la totalité des femmes enceintes, et que l’alimentation représente la source principale d’exposition, malgré l’existence d’autres sources notamment dans l’air intérieur et extérieur. [Lien vers l’article]

Exposition alimentaire aux pesticides

De Gavell E., de Lauzon-Guillain B., Charles M.-A., Chevrier C., Hulin M., Sirot V., Merlo M., Nougadère A., « Chronic dietary exposure to pesticide residues and associated risk in the French Elfe cohort of pregnant women », Environment International, 92-3: 533-42, juillet-août 2016.

Les données utilisées dans cette étude sont issues de l’auto-questionnaire rempli par les mères à la maternité, et portent plus précisément sur leur consommation d’aliments durant le dernier trimestre de leur grossesse. Ces données de consommation par les femmes enceintes Elfe ont été mises en relation avec les données sur les apports en pesticides de chaque aliment, issues de l’étude EAT2 (Étude de l’alimentation totale) menée par l’Anses.
En utilisant une méthode intégrant les données toxicologiques de chaque pesticide analysé, la consommation des femmes Elfe pendant leur grossesse suggère un risque potentiel lié à la contamination par les pesticides. Ce risque est lié à une consommation élevée de trois insecticides organophosphorés (chlorpyrifos, pirimiphosméthyl et diméthoate) apportés principalement par les fruits et les céréales : abricots, pêches, pruneaux et cerises (44 %), pain (11 %), pommes et poires (10 %). Ces données orienteront les analyses ultérieures des relations avec le développement des enfants Elfe. [Lien vers l’article]

Exposition aux micro-organismes dans les logements

Rocchi S., Reboux G., Frossard V., Scherer E., Valot B., Laboissiere A., Zaros C., Vacheyrou M., Gillet F., Roussel S., Raherison C., Millon L., and the Elfe team. « Microbiological characterization of 3193 French dwellings of Elfe cohort children », The Science of the total environment, 505C, 1026-1035, Février 2015.

Grâce aux 3 000 capteurs à poussières qui ont été déposés dans les chambres des enfants au cours des 2 premiers mois de leur vie, les micro-organismes recueillis (bactéries, acariens, moisissures) ont été analysés afin d’évaluer leur influence sur la santé ultérieure, notamment respiratoire. Six profils d’exposition à des micro-organismes dans les logements ont été définis. Deux d’entre eux sont assez fréquents dans l’Ouest de la France : un profil caractérisé par sa richesse en acariens et bactéries et un second caractérisé par sa richesse en acariens, bactéries et moisissures. Un plus fort taux d’humidité et des températures plus favorables au développement de ces micro-organismes pourraient expliquer ces résultats. La répartition géographique de ces profils se superpose avec celle issue d’une étude récente menée dans les crèches sur la fréquence de l’asthme des jeunes enfants.
Les données de suivi des enfants Elfe vont permettre de confirmer ou non l’existence d’une relation entre des profils d’exposition à des micro-organismes et la santé respiratoire des enfants. L’objectif, dans le cadre de l’étude Elfe, est d’observer plus attentivement les maladies respiratoires dans les régions en corrélation avec la qualité du logement, la ventilation, l’isolation… [Lien vers l’article]

EN SAVOIR PLUS

Paroles de chercheurs...
Alimentation des femmes enceintes et respect des recommandations, santé respiratoire des nourrissons, exposition des mères et des nouveau-nés aux polluants de l’environnement... Les chercheurs présentent leurs travaux de recherche.
[Voir les vidéos]

Les résultats en sciences sociales

Les résultats en santé

Les résultats pluridisciplinaires

Toutes les publications